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samedi 6 février à 15 h 30

Goya – 1746-1828

Conférence Histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Tarifs : 5 € - Non adhérents
 / Entrée libre - Adhérents et moins de 18 ans
3 € - Adhérents des partenaires tremblaysiens

Fils d’un maître doreur, Goya nait à Fuentedetodos. Après un apprentissage auprès d’un peintre local, il séjourne- ra à Rome plusieurs années. Grâce à la protection de son beau-frère Joseph Bayeu, il s’installe à Madrid en 1775 et réalise des cartons de tapisserie pour la manufacture royale. Il s’agit de véritables tableaux, aimables et lumineux, illustrant les us et coutume de la vie espagnole. Parallèlement à cette activité, il devient le maître incontesté du portrait.

Les années qui suivent sont les plus solaires de sa vie : il aborde tous les genres et devient, en 1886, le peintre attitré de la famille royale. En 1892, survient toutefois un évènement qui va peu à peu transformer son art et rendre celui-ci de plus en plus incisif : une attaque d’apoplexie condamne Goya à une surdité complète. Il entreprend, en 1799, les gravures des Caprices par lesquelles ils dénoncent les abus des pouvoirs politiques et religieux. En peinture, c’est aussi Le Préau des fous ou L’Enterrement de la sardine, à savoir : le versant noir de la vie espagnole désormais décliné avec férocité.

Un nouvel évènement, historique celui-ci, va encore renforcer le pessimisme de Goya : l’extension des guerres napoléonienne à l’Espagne. L’occupation française ayant déclenché la révolte populaire, la répression sera d’une rare férocité, à jamais stigmatisée dans le tragique Tres de mayo de 1808, d’une puissante modernité tant par le sujet que par l’audace de la composition. Gravés entre 1810 et 1820, les Désastres de la guerre dénoncent également, avec un rare puissance, les atrocités de la guerre civile dont il est le témoin épouvanté.

Ayant acheté une maison sur les bords du Mazanares (vite surnommée « La quinta del sordo* »), c’est sur les murs de celle-ci qu’il réalise ses impressionnantes Peintures Noires dont l’esprit annonce directement les grands mouvements artistiques du XXe siècle.

L’absolutisme de Ferdinand VII contraint plus tard Goya à s’exhiler en France. Il s’initie à la lithographie, signe La Laitière de Bordeaux, son ultime chef-d’oeuvre : une jeune femme pensive dans les tons ocrées dont la facture et la lumière annonce l’impressionnisme.

Goya demeure l’homme des contradictions : à la fois jovial et tragique, travaillé par la pensée des lumières mais conscient des égarements, parfois terribles, de notre humaine nature.

S.T.

* La Maison du sourd