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samedi 15 décembre à 15 h 30

La vie et l’œuvre de Jean-Michel Basquiat

Conférence Histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Tous publics
Tarifs : 5 € - Non adhérents
 / Entrée libre - Adhérents et moins de 18 ans
3 € - Adhérents des partenaires tremblaysiens

Une présentation de ce grand peintre américain, pionnier de la mouvance underground en écho à l’exposition qui se tiendra à la Fondation Vuitton du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019.

D’origine portoricaine et haïtienne, Jean-Michel Basquiat est né en 1960 à Brooklyn, dans l’État de New York. Sa mère, sensible à l’art, emmène régulièrement le jeune garçon au MOMA et l’encourage à développer ses talents
de dessinateur. Percuté par une voiture à l’âge de 7 ans, blessé et hospitalisé, celle-ci lui fait cadeau d’un livre d’anatomie intitulé L’Anatomie de Gray qui influencera fortement l’artiste. Inscrit à 16 ans dans un établissement huppé de Brooklyn dont l’enseignement, tourné vers les arts, privilégie l’apprentissage pratique, il abandonne celui-ci avant la fi n de ses études et quitte la maison paternelle.
En 1976, Jean-Michel Basquiat et des amis commencent à graffer des messages qu’ils signent sous le pseudonyme de SAMO. L’artiste partage alors son temps entre la musique, le tag nocturne et le dessin. Il continuera à graffer jusqu’en 1979, signant la fin de cette aventure par l’inscription SAMO IS DEAD sur les murs du quartier de Soho. La même année, la galeriste Annina Nosei lui propose de s’installer dans le sous-sol de la galerie, le finance pour qu’il achète des toiles de grand format et organise sa première exposition personnelle. Passé de l’art de rue (dont ses toiles se souviendront toujours) aux arts plastiques, il devient, dès lors, la vedette de cette nouvelle peinture rattachée à la Figuration Libre. Ce mouvement, apparu aux États-Unis et en Europe, revendique la spontanéité, l’absence délibéré de savoir-faire ainsi qu’une figuration violemment expressive. Le monde de l’art, lassé du caractère austère de l’art conceptuel et de l’art minimal allait accueillir avec ferveur ce souffle imprévu.
L’univers pictural de l’artiste (mêlant volontiers le texte et l’image) se nourrit tout à la fois de la bande dessinée et des mythologies de la Bible et du Vaudou, de la publicité, du grafitti, du dessin d’anatomie, des héros afro-américains
sportifs et musiciens et de ses propres racines caribéennes définissant ainsi une contre-culture urbaine, anarchique et violente pétrie de liberté et de vitalité. Héritière du mouvement Harlem Renaissance et de l’activisme de figures telles Martin Luther King, sa peinture interroge également la condition du noir dans un monde de blancs, en confrontant ce dernier à l’esclavage et au racisme. Très cultivé, Basquiat se réfère autant à l’art primitiviste, à l’art brut ou à Cobra qu’à la grande tradition américaine, de Rauschenberg à Cy Twombly.
II meurt d’une overdose en 1988, à l’âge de vingt-sept ans. Cette mort brutale contribuera à renforcer l’éclat désormais inaltérable de sa légende..
S. T.