Accueil > En création > Machines à Habiter

Machines à Habiter

Projet de création de Sonia Saroya

Sonia Saroya s’intéresse depuis plusieurs années tant à l’histoire et au fonctionnement de l’espace urbain qu’aux parcours et souvenirs de ceux qui le traverse. « Machine à habiter » était un terme employé par Le Corbusier à propos des immeubles d’habitats qu’il réalisait. En 1965 par exemple, est ainsi construite à Montfermeil une de ces « machines à habiter », une machine qui marquera toute une époque puisqu’elle deviendra peu à peu le symbole d’un ghetto et sera détruite en 1994. Chaque construction, qu’elle ait disparu ou se soit transformée, apporte des éléments de compréhension de l’urbanisation de l’Île-de-France. Comment, dès lors, rendre trace de l’expérience humaine encore prégnante de ces espaces architecturaux ? Comment ont-ils induit un mode de vie et de pensée qui impacte encore notre quotidien ? Comment appréhender la ville comme un organisme dynamique ?

Machines à Habiter est né d’un intérêt pour les architectures qui constituent des éléments forts de la mémoire personnelle et collective des habitants. Sonia Saroya souhaite ici rendre hommage à ces lieux, preuves du perpétuel mouvement de la ville, en les projetant tels des monuments représentatifs de l’histoire de l’urbanisme et de la vie de leurs habitants. Chaque élément du projet se construira autour des souvenirs racontés spontanément par une personne ayant « vécu » l’architecture. Ces souvenirs seront enregistrés et compulsés afin de devenir eux-mêmes des éléments constitutifs de Machines à Habiter. De la barre n°2 des Bosquets à Montfermeil, à la barre Balzac à La Courneuve, en passant par le squat de « Le 13 » à Paris ou encore par la tour Pleyel à Saint-Denis..., entretiens, maquettes, archives visuelles et sonores viendront nourrir la forme finale du projet. Des collaborations avec des chercheurs ayant des sujets d’étude similaires aux enjeux abordés par le projet seront également développés. Machines à Habiter se déploiera sur plusieurs axes afin de constituer une exposition itinérante et reproductible composée d’architectures en kits à monter soi-même, maquettes avec dispositifs lumineux, livre sonore.

Aux frontières des arts et du design, Machines à Habiter prendra la forme finale d’un livre sonore interactif rendant compte de la démarche de recherche, et d’une collection de kits de maquette en papier cartonné à construire soi-même inspirée des produits vendus dans les boutiques de souvenirs de grands sites touristiques. Des maquettes montées viendront compléter cet ensemble. Parties d’histoire d’architectures emblématiques à découvrir, Machines à Habiter se conçoit comme un ensemble qui peut être construit et complété par les publics afin que ceux-ci puissent également manipuler et se projeter dans ces morceaux d’histoire de vie commune. La reproductibilité des kits est un élément essentiel au projet afin qu’il soit possible à chacun de construire sa propre maquette. Pour le livre sonore, en plus de l’ensemble des contraintes propres à une micro-édition, la production d’un circuit imprimé sera développé afin de faciliter l’intégration du dispositif sonore interactif dans l’ouvrage et afin d’aboutir à un dispositif manipulable dans tous types de contexte.

Cet ensemble se conçoit comme une exposition itinérante et reproductible pouvant intégrer des réseaux de diffusion large comme les médiathèques, librairies ou structures culturelles impliquées dans des réflexions liées à l’architecture et l’urbanisme mais aussi au développement du Grand Paris.

SONIA SAROYA
Inspirée par les paysages visuels et sonores des espaces urbains, Sonia Saroya se plonge autant dans leurs esthétiques, que dans leurs histoires pour tenter d’en cerner les rouages. Elle suit les parcours d’individus ou de groupes qui « usent du système » pour mettre en œuvre des initiatives, stratégies d’actions qui participent à défendre une vision de l’espace urbain comme lieu d’action et d’expression libre. Elle partage ses recherches en les présentant sous forme de dispositifs ou d’installations qui mêlent électronique et programmation à des pratiques graphiques ou artisanales.

« Pour moi l’art est un moyen d’émancipation ainsi qu’un socle d’échange social. C’est pour cela qu’il me semble essentiel de créer des terrains d’échanges, de partage d’ idées, de savoirs-faire, grâce aux pratiques artistiques. C’est pour cette même raison que dans chacun de mes projets je partage les références documentaires et littéraires qui m’ont permis de faire avancer une manière de comprendre mon environnement et d’interagir avec lui et ceux qui l’habitent. »

C’est aussi une des raisons pour lesquelles Sonia Saroya s’investit également, depuis plusieurs années, dans l’organisation collective de manifestations culturelles. Les propositions artistiques réalisée à ces occasions réunissent des œuvres conçu in-situ, souvent technologiques, ayant là-aussi des liens avec l’histoire des différents espaces. Ces initiatives participent à une réflexion plus globale sur l’autonomie et la possibilité de développer des dispositifs numériques autonomes.

Portfolio
  • Etape de recherches documentaires
  • Etude de bâtiment
  • Etape de travail
  • Etape de travail
  • Maquette de barre Balzac à La Courneuve
  • Prototypes de kits réalisés
  • Espace de consultation des archives
  • Visite commentée Machines à Habiter [acte 1]
  • Découverte du projet
EN COMPLÉMENT
Projet de création avec la classe de 6e de Youssef Haddioui du collège René Descartes, en compagnie de Sonia Saroya, artiste en résidence de novembre à juin
Exposition de Sonia Saroya du 7 novembre au 21 décembre

en partenariat avec : La Station - Gare des Mines (Paris 18)

Présentations publiques du projet finalisé :
- à l’Espace Jean-Roger Caussimon : juin 2020
- à La Station : juin 2020