Photophore > Expositions > Spell & Leçon de vocabulaire

Spell & Leçon de vocabulaire

du 11 au 15 octobre

Installations de Cécile Babiole

à l’Odéon - 1, place du Bicentenaire de la Révolution Française - 93290 Tremblay-en-France
Entrée libre de 13 h à 20 h
Réservation visites commentées au 01 48 61 09 85
Visites commentées scolaires et périscolaires sur réservation du 11 au 14 octobre

JPEG - 44.6 ko

Librement inspiré des afficheurs de textes, Spell distribue des listes de mots remarquables. Sa particularité est d’épeler les mots lettre par lettre. Face à une chaîne des caractères décomposée dans le temps, le spectateur doit faire appel à sa mémoire pour reconstituer les mots égrenés, et en quelque sorte réapprendre à lire. C’est tout le processus cognitif de la lecture qui est mis à l’épreuve avec Spell. Les automatismes de discrimination des mots en un seul coup d’œil, acquis depuis la petite enfance sont impuissants à décrypter des mots qui arrivent en pièces détachées énigmatiques. La liste des mots est soigneusement élaborée lors de chaque présentation, cette fois-ci, il s’agit de mots français d’origine arabe, par exemple : abricot, algorithme, bougie, caramel, douane, geôle, goudron, hasard, mesquin, sucre, zéro...

Langue savoureuse, créative, éphémère, l’argot se banalise en même temps qu’il se renouvelle. Chaque génération invente un nouveau vocabulaire qui est partiellement restitué dans la parole ordinaire. Comme l’argot « classique » des truands et des marlous, l’argot des adolescents d’aujourd’hui a une fonction identitaire et cryptique d’exclusion des « autres », ceux qui parlent le français standard, c’est-à-dire la langue des adultes, de l’école et du pouvoir. L’apparition du langage SMS, mais aussi les langues des pays d’origine, influent sur l’argot des adolescents, et c’est ainsi que les mots d’origine arabe y ont une grande part. Avec cette pièce sonore, il s’agit de faire écouter les néologismes de jeunes Tremblaysiens de 12 à 17 ans, et leurs réflexions sur la langue de 2015. Ils nous donnent une véritable « Leçon de vocabulaire ».

CÉCILE BABIOLE
De la musique industrielle dans les années 80 (au sein du groupe Nox) aux cultures électroniques et numériques d’aujourd’hui, le travail de Cécile Babiole évolue de manière transversale, croisant les circuits de la musique et des arts visuels. Loin d’une pluridisciplinarité de mise, c’est le passage d’un langage à un autre, la contamination d’un code par un autre, ou encore l’import/export de concepts et de techniques qui sous-tendent sa pratique.

Une proposition mise en œuvre avec le soutien du Centre de recherches linguistiques (Paris Sorbonne)