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samedi 10 décembre à 15 h 30

Jean-Siméon Chardin (1699-1779)

Conférence Histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Entrée libre - Adhérents et moins de 18 ans
3 € - Adhérents des partenaires tremblaysiens
Tarifs : 5 € - Non adhérents

Chardin nait à Paris, en 1699, dans un milieu d’artisan. Élève de Cazes, de Coypel et de Van Loo, il fut admis à l’académie de Saint-Luc en 1724.

Quatre ans plus tard, il devient membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Pour lui, pas de grand genre, pas de scènes dramatiques empruntées à l’histoire, à la bible ou à la mythologie, Chardin est admis « dans le talent des animaux et des fruits », considéré, à l’époque, comme un genre mineur. Être membre de l’académie demeure toutefois un privilège. Celle-ci garantit au peintre un statut d’artiste et non d’artisan et depuis 1746, les académiciens exposent désormais tous les deux ans au Salon carré du Louvre. Il sera successivement trésorier puis responsable de l’accrochage des œuvres dans la vaste pièce.

Grâce au Marquis de Marigny, son protecteur, il emménagera dans l’un des vingt-sept ateliers des galeries du Louvre réservées, depuis Henri IV, aux peintres du roi. Il touche une pension. Diderot l’admire. Bref, Chardin est un artiste reconnu et apprécié.

Peintre de natures mortes, Chardin n’abordera la figure qu’en 1730, année de son mariage avec Marguerite Saintard dont il aura deux enfants. La même année lui nait un fils, Pierre-Jean. Veuf à 35 ans, il perd aussi sa fille. Remarié en 1744 avec Françoise-Marie Pouget, il aura encore la douleur de perdre l’enfant qu’il avait eu de son second mariage. Ainsi son œuvre est-elle double, se déclinant entre tableaux d’animaux, fruits, objets divers et scènes de la vie domestique.

Nul voyage dans la vie de Chardin. L’homme est discret, volontiers claustrophile. Les fenêtres sont closes dans ses tableaux et l’on y voit des personnages eux-mêmes enclos dans leur rêverie : celle d’une femme immobile, celle d’un enfant à son pupitre et qui songe.

Quant aux natures mortes, si elles racontent peu du monde, elles disent pourtant l’essentiel de la peinture : la puissance des couleurs, le chaleureux de la matière, le dialogue muet des choses entre elles et leur mystère infini, grâce au peintre rendus visibles.
S. T.