Accueil > Actualités > Conférences et débats > Nicolas de Staël - 1914-1955

samedi 12 février à 15 h 30

Nicolas de Staël - 1914-1955

Conférence Histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Tarifs : 5 € - Non adhérents
 / Entrée libre - Adhérents et moins de 18 ans
3 € - Adhérents des partenaires tremblaysiens

Coloriste raffiné, il est passé de l’abstraction à une vision très personnelle du monde visible.

Nicolas de Staël est né en 1914, à Saint-Pétersbourg, dans une famille aristocratique contrainte à l’exil. Orphelin très jeune, il est élevé à Bruxelles et c’est aux Beaux-Arts de cette même ville qu’il commence sa formation. Il voyage ensuite en Espagne, en Italie, au Maroc sous des climats qui lui révèlent à lui, l’homme du nord, l’impact si puissant de ces lumières du sud. Il rencontre sa première compagne, Janine Guillou, elle-même peintre, qui parachève sa formation. A Nice, où le couple s’est installé, il rencontre les Delaunay ainsi qu’Alberto Magnelli et Jean Arp. De retour à Paris, en 1943, il fréquente Kandinsky, Mondrian, Braque et d’autres. Ces différentes amitiés nouées avec des artistes non figuratifs, l’engagent dès lors dans la voie de l’abstraction. Des formes vigoureuses, des couleurs qui s’organisent en masses compactes sans aucune référence au réel : telles sont les oeuvres qui se déclinent à cette époque dans une période d’intense créativité grévée toutefois de redoutables difficultés financières. De santé fragile, Janine meurt en 1946. Staël épouse alors Françoise Chapoutron qui lui donnera trois enfants. Des experts et des collectionneurs commencent toutefois à s’intéresser à lui. Il expose, il est apprécié. En 1952, un match de football au Parc des Princes détermine sa nouvelle orientation vers le figuratif. Il réalise dès lors des compositions qui doivent beaucoup à son vocabulaire abstrait mais dans lesquelles on reconnait désormais des éléments du monde visible.

Il voyage à New York et Paul Rosenberg devient son agent exclusif en Amérique. Il devient célèbre. Et riche. Il travaille énormément. Il travaille trop, tour à tour exalté et mélancolique. Il achète le château en ruine de Ménerbes, voyage en Sicile, en Espagne, exécute des compositions simplifiées aux couleurs saturées dans lesquelles il cherche à capter les structures mêmes du paysage. Il s’installe à Antibes pour être plus près de Jeanne Mathieu, une jeune femme mariée dont il s’est épris. Séparé de Françoise et des enfants, tourmenté par ses amours impossibles avec Jeanne, isolé dans son atelier du cap d’Antibes, Nicolas de Staël se suicide en 1955. « Le Concert » est un tableau de 6M X 3 demeuré inachevé. On y voit la silhouette d’un piano et celle d’une contrebasse cernée d’un beau rouge vif. Sa dernière toile.

S.T.